
Si vous vous effondrez en match malgré vos footings, c’est que vous n’entraînez pas la bonne qualité d’endurance. Le tennis est un sport d’explosivité répétée, pas d’endurance fondamentale. La clé n’est donc pas de courir plus longtemps, mais d’apprendre à votre corps à recharger ses « batteries » en moins de 25 secondes. Cet article décortique la physiologie de l’effort au tennis pour vous faire travailler la bonne filière énergétique et enfin finir vos matchs aussi fort que vous les avez commencés.
La scène est tristement classique sur les courts des tournois amateurs. Vous menez un set à zéro, les jambes sont légères, le souffle est bon. Vous vous dites que vos séances de course à pied paient enfin. Et puis, au milieu du deuxième set, l’interrupteur bascule. Chaque sprint vers l’avant est une épreuve, le bras devient lourd, et le cœur semble vouloir sortir de la poitrine après un échange de quatre frappes. Vous finissez par perdre en trois sets, frustré, en vous demandant comment un joueur qui court 10 kilomètres le dimanche peut-il s’effondrer physiquement après seulement 90 minutes de jeu.
Face à ce problème, les conseils habituels fusent : « fais plus de cardio », « travaille ton foncier », « il faut courir plus ». Ces recommandations, bien que partant d’une bonne intention, reposent sur une erreur fondamentale de diagnostic. Elles confondent l’endurance fondamentale, celle du marathonien, avec l’endurance spécifique exigée par le tennis. Car la véritable question n’est pas « pouvez-vous courir longtemps ? », mais plutôt « pouvez-vous répéter 100 sprints de 5 secondes avec seulement 20 secondes de récupération entre chaque ? ».
Mais si la clé n’était pas dans l’accumulation de kilomètres, mais dans la science de la récupération ultra-courte ? Et si votre endurance en match ne dépendait pas de votre VO2max, mais de la vitesse à laquelle votre corps recharge la molécule de l’explosivité, l’ATP ? En tant que physiologiste de l’effort, ma conviction est que la majorité des joueurs s’entraînent en décalage complet avec les exigences réelles de leur sport. Ils construisent un moteur diesel alors que le tennis réclame un moteur électrique capable de se recharger à toute vitesse.
Cet article va déconstruire le mythe du footing et vous plonger au cœur des filières énergétiques. Nous verrons comment entraîner votre corps de manière spécifique, comment gérer l’effort en match pour ne plus subir ces « coups de barre », et comment transformer les 25 secondes entre les points en une arme de récupération massive. L’objectif : vous donner les clés physiologiques pour enfin avoir les jambes et le coffre nécessaires pour conclure ce fameux troisième set.
Pour comprendre comment transformer votre endurance et enfin dominer les fins de match, nous allons aborder ce sujet de manière structurée. Ce guide complet vous expliquera, étape par étape, les mécanismes physiologiques en jeu et les méthodes d’entraînement concrètes à appliquer.
Sommaire : Déconstruire les mythes de l’endurance au tennis
- Pourquoi le footing du dimanche est inutile pour votre endurance en match ?
- Comment pratiquer le 30/30 sur un court de tennis pour simuler un match ?
- HIIT ou volume : quel cardio choisir à 1 mois du début des tournois ?
- Le « cœur qui s’emballe » : quand faut-il s’arrêter immédiatement en match ?
- Comment faire redescendre votre pouls en 20 secondes avant de servir ?
- Servir vite ou prendre son temps : comment utiliser les 25 secondes pour souffler ?
- Pâtes ou riz : quel est le dernier repas idéal 3h avant la convocation ?
- Comment se muscler pour le tennis sans perdre en relachement et fluidité ?
Pourquoi le footing du dimanche est inutile pour votre endurance en match ?
L’idée que le footing est la base de toute préparation physique est une croyance tenace. Pourtant, pour un joueur de tennis, c’est une erreur stratégique majeure. La raison est purement physiologique : le footing développe la filière aérobie, un système énergétique qui fournit de l’énergie de manière lente et prolongée. Or, un match de tennis est une succession d’efforts très courts et explosifs. La réalité énergétique du tennis est radicalement différente, comme le démontrent les analyses scientifiques.
En effet, le tennis sollicite principalement des filières qui fournissent de l’énergie très rapidement, mais sur une courte durée. Les études de référence en physiologie du sport sont sans appel. Il a été démontré d’après les études de Fox et Mathews sur les efforts au tennis que la répartition est la suivante : 70% pour la filière anaérobie alactique (efforts de 0 à 7 secondes, comme un service-volée), 20% pour l’anaérobie lactique (efforts de 20 à 40 secondes, les longs échanges du fond de court) et seulement 10% pour l’aérobie. Courir à allure modérée pendant une heure entraîne donc la filière la moins pertinente pour votre sport.
L’inadéquation est donc flagrante pour plusieurs raisons :
- Les efforts au tennis durent majoritairement entre 2 et 20 secondes, ce qui est incompatible avec le principe de l’endurance fondamentale.
- Un entraînement excessif en endurance lente peut même être contre-productif, en favorisant la transformation des fibres musculaires rapides (type II), essentielles à l’explosivité, en fibres lentes (type I).
- Le temps de jeu réel est très faible. Chez les professionnels masculins, il ne représente que 5 à 13 minutes par heure de match. Le reste du temps est consacré à la récupération entre les points. Votre capacité à bien jouer dépend donc de votre faculté à vous régénérer dans ces courts intervalles.
Il est vrai que sur des surfaces comme la terre battue, où les échanges s’allongent, la composante aérobie prend une part légèrement plus importante pour soutenir la récupération entre les efforts intenses. Cependant, même dans ce cas, elle reste un système de soutien et non le moteur principal de la performance. Baser sa préparation sur le footing, c’est comme s’entraîner au marathon pour préparer une série de sprints de 100 mètres.
Comment pratiquer le 30/30 sur un court de tennis pour simuler un match ?
Pratiquer le 30/30 sur un court de tennis est la méthode la plus efficace pour entraîner la filière anaérobie et améliorer votre capacité à répéter les efforts intenses. Cet exercice consiste à alterner 30 secondes d’effort à très haute intensité avec 30 secondes de récupération active, reproduisant ainsi le rythme et la nature des échanges d’un match. Oubliez la piste d’athlétisme ; votre terrain de jeu est le meilleur outil d’entraînement.
La mise en place est simple mais doit être rigoureuse pour être efficace. Vous aurez besoin de quelques cônes ou repères visuels pour matérialiser les zones de déplacement. L’objectif est de simuler les déplacements typiques d’un point : courses avant, latérales, et replacement.

Comme le montre ce schéma de disposition, les cônes forcent des changements de direction et des distances qui miment un véritable échange. Voici un protocole simple à mettre en œuvre :
- Installation : Placez 4 cônes en carré au niveau de la ligne de service (deux sur la ligne de T, deux aux extrémités de la ligne de service). Placez deux autres cônes sur la ligne de fond de court, à mi-chemin entre le centre et les couloirs.
- Phase d’effort (30 secondes) : Au signal, sprintez de la ligne de fond vers un cône de la ligne de service, touchez-le, revenez en pas chassés au centre de la ligne de fond, puis sprintez vers un autre cône, et ainsi de suite. L’intensité doit être maximale, comme si vous jouiez un point décisif. Variez les courses (avant, diagonales).
- Phase de récupération (30 secondes) : Ne vous arrêtez pas. Marchez lentement sur le court, respirez profondément (nous verrons les techniques plus loin), et restez en mouvement. C’est de la récupération active, exactement comme entre deux points.
- Répétitions : Enchaînez 8 à 10 cycles de 30/30 pour une série. Prenez 3 à 4 minutes de repos complet entre deux séries. Commencez par une série et augmentez progressivement jusqu’à trois séries par séance.
Cet exercice est exigeant mais transformateur. Il éduque votre corps à la fois à produire un effort maximal et à optimiser la récupération dans un laps de temps très court, ce qui est le cœur de la performance physique au tennis.
HIIT ou volume : quel cardio choisir à 1 mois du début des tournois ?
À l’approche des compétitions, la question de l’arbitrage entre l’entraînement en volume (endurance fondamentale) et l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT) devient cruciale. En tant que physiologiste, ma réponse est sans équivoque : à un mois du début des tournois, le HIIT doit être la priorité absolue, représentant environ 80% de votre préparation cardio. Le travail en volume a son utilité en début de saison pour reconstruire une base aérobie, mais il devient secondaire lorsque l’objectif est le pic de forme.
L’efficacité du HIIT pour les sports intermittents comme le tennis n’est plus à prouver. Il permet d’obtenir des adaptations physiologiques supérieures à l’entraînement en endurance classique, en un temps record. Une étude de l’université de Bochum sur 32 joueurs de niveau national a montré que seulement six semaines de HIIT permettaient une amélioration significative du VO2max et de l’endurance spécifique au tennis, avec des séances ne demandant que 2.5 à 13.5 minutes d’effort effectif. C’est un gain de temps et d’efficacité considérable.
Le choix et la planification de votre entraînement doivent cependant suivre une logique saisonnière. Le tableau suivant synthétise l’approche idéale pour un joueur de club en France.
| Période | Type d’entraînement | Durée/Intensité | Objectif |
|---|---|---|---|
| Août-Sept (Reprise) | Volume/Foncier | 45-60min à 70% FCmax | Base aérobie |
| Oct-Mars (Préparation) | Mix Volume + HIIT progressif | 30min foncier + 15min intervals | Développement mixte |
| Avril (1 mois avant tournois) | HIIT prioritaire (80%) | 20-30min haute intensité | Spécificité tennis |
| Mai-Juin (Compétition) | HIIT maintien | 15min séances courtes | Maintien forme |
À un mois de l’échéance, votre objectif n’est plus de construire, mais d’affûter. Le HIIT va « booster » votre capacité à répéter les efforts de haute intensité et à mieux tolérer l’accumulation d’acide lactique lors des échanges longs et disputés. C’est ce qui fera la différence dans les moments clés d’un match serré.
Le « cœur qui s’emballe » : quand faut-il s’arrêter immédiatement en match ?
Sentir son cœur battre la chamade sur une balle de match est une chose ; ressentir une douleur anormale en est une autre. Il est vital pour tout sportif de savoir distinguer l’anxiété de performance, qui est normale, des signaux d’alerte cardiologiques qui imposent un arrêt immédiat. Votre corps vous envoie des signaux, et ignorer les mauvais peut avoir des conséquences graves. En tant que joueur, vous êtes le premier garant de votre propre sécurité sur le court.
La tachycardie (accélération du rythme cardiaque) est une réponse normale à l’effort et au stress. Cependant, si elle s’accompagne d’autres symptômes, elle devient un drapeau rouge. Voici les signaux qui doivent vous alerter et vous pousser à stopper le jeu sur-le-champ :
- Arrêt immédiat : Une douleur ou une sensation d’oppression dans la poitrine, un essoufflement anormal et disproportionné par rapport à l’effort fourni, ou des vertiges.
- Arrêt immédiat : L’apparition soudaine de nausées, de sueurs froides (non liées à la chaleur) ou d’une vision trouble.
- Normal (anxiété) : Le cœur qui s’emballe sur un point important, sans aucun autre symptôme physique associé.
- Normal mais à surveiller : Une grande fatigue musculaire et une respiration rapide après un échange très long. Ces symptômes doivent disparaître rapidement au repos.
En cas de doute, la procédure en tournoi officiel FFT est claire : levez la main, appelez le juge-arbitre et demandez un temps mort médical. Vous avez droit à 3 minutes pour être évalué. Ne prenez jamais de risque avec ces symptômes. L’avis d’une autorité médicale est primordial. C’est un point sur lequel les instances insistent, comme le souligne une figure de la préparation physique en France.
Le certificat médical obligatoire pour la licence en France n’est pas une simple formalité mais une sécurité. Il faut un véritable échange avec son médecin sur sa pratique et les signaux à surveiller.
– Frédéric Roche, Responsable préparation physique FFT
Cette démarche préventive est le premier filet de sécurité. Apprendre à écouter son corps en match est le second. L’héroïsme n’a pas sa place face à un risque pour votre santé.
Comment faire redescendre votre pouls en 20 secondes avant de servir ?
La capacité à faire redescendre rapidement sa fréquence cardiaque entre les points est une compétence aussi importante que le coup droit. C’est ce qui vous permet de commencer chaque point avec un maximum de lucidité et de ressources physiques. Les 20 à 25 secondes réglementaires sont une fenêtre d’opportunité pour activer votre système nerveux parasympathique, responsable du retour au calme. La technique la plus puissante et la plus rapide pour y parvenir est le « soupir physiologique ».
Popularisée par des neuroscientifiques comme Andrew Huberman, cette technique de respiration a un effet quasi immédiat sur la variabilité de la fréquence cardiaque. Elle consiste en une double inspiration suivie d’une longue expiration qui maximise l’évacuation du dioxyde de carbone et calme le système nerveux. Voici comment l’appliquer concrètement entre deux points :
- Double inspiration (3 secondes) : Prenez une grande inspiration par le nez, puis, sans expirer, prenez une seconde petite inspiration pour remplir complètement vos poumons.
- Longue expiration (4-6 secondes) : Expirez lentement et de manière contrôlée par la bouche, comme si vous souffliez dans une paille.
- Relâchement conscient : Pendant l’expiration, concentrez-vous sur le relâchement de votre mâchoire et de vos épaules.
- Ancrage visuel : Fixez un point précis, comme le logo sur votre cordage ou la ligne de fond, pour éviter que votre esprit ne vagabonde.
- Répétition : Répétez ce cycle deux ou trois fois maximum. Le processus complet prend entre 15 et 20 secondes.
L’efficacité de cette récupération active est directement liée à la physiologie de la filière anaérobie alactique, notre principal moteur. La resynthèse de la phosphocréatine (ATP-PC), la molécule de l’effort explosif, est dépendante de l’apport en oxygène. En optimisant votre respiration, vous accélérez cette recharge. Des études ont montré que la phosphocréatine est reconstituée à 70% en 30 secondes et à 84% en 2 minutes. Les 25 secondes entre les points sont donc cruciales pour « refaire le plein » avant le sprint suivant.
Servir vite ou prendre son temps : comment utiliser les 25 secondes pour souffler ?
Les 25 secondes allouées entre les points ne sont pas un temps mort passif, mais une phase stratégique de récupération physique, tactique et mentale. Gérer ce temps avec intelligence est la marque des joueurs expérimentés. Jouer trop vite lorsque l’on est fatigué est une erreur classique qui mène à la faute directe. À l’inverse, prendre tout son temps lorsque l’on est « dans la zone » peut casser son propre rythme. La clé est d’adapter la gestion de ce temps à l’état du match et à votre état physique.
Pour optimiser cette fenêtre, il est utile de la décomposer en une routine en trois temps. Cette structure vous permet de couvrir tous les aspects de la récupération sans vous disperser.
- Temps 1 (0-8 secondes) : Récupération Physique. C’est votre priorité absolue après un point disputé. Marchez lentement vers le fond du court, utilisez votre serviette, et concentrez-vous sur votre respiration (par exemple, la technique du soupir physiologique). C’est le moment de faire redescendre le cardio.
- Temps 2 (8-16 secondes) : Décision Tactique. Votre rythme cardiaque a commencé à baisser. Analysez rapidement le point précédent : qu’est-ce qui a fonctionné ? Quelle est la faiblesse de l’adversaire que vous pouvez exploiter ? Choisissez votre zone de service et le schéma de jeu pour le point à venir.
- Temps 3 (16-25 secondes) : Préparation Mentale. Vous êtes en position pour servir. C’est le moment de la visualisation. Voyez la trajectoire de la balle, sentez le geste. Exécutez votre routine de rebonds pour vous ancrer dans le présent et activer progressivement vos muscles.

Cette routine est un cadre, pas un dogme. Si vous êtes en pleine confiance et que vous sentez que votre adversaire est sous pression, vous pouvez volontairement réduire ce temps à 15 secondes pour maintenir l’étau. À l’inverse, si vous êtes en grande difficulté physique, utilisez chaque seconde disponible. Le simple fait de changer de raquette ou de réajuster votre grip peut vous faire gagner de précieuses secondes de récupération supplémentaires, tout en restant dans les règles.
Pâtes ou riz : quel est le dernier repas idéal 3h avant la convocation ?
Le fameux plat de pâtes la veille d’une compétition est un classique, mais pour le dernier repas, 3 heures avant un match, la question est plus complexe. L’objectif est de fournir à votre corps de l’énergie durable sans provoquer de pic de glycémie suivi d’une hypoglycémie réactionnelle, ni de lourdeur digestive. La clé n’est pas tant le choix entre pâtes et riz, mais le choix de l’index glycémique (IG) des aliments et leur association.
Trois heures avant l’effort, il faut privilégier des glucides à IG bas ou modéré. Ces sucres lents vont se diffuser progressivement dans le sang, assurant un niveau d’énergie stable. Les pâtes blanches ou le pain blanc (IG élevé) sont donc à proscrire, car ils provoquent une montée rapide de l’insuline qui peut entraîner une baisse d’énergie au moment de l’échauffement. Il faut également limiter les graisses et les fibres, qui ralentissent la digestion. Le repas idéal est donc composé de glucides complexes, d’une petite portion de protéines maigres et de très peu de matières grasses.
Le timing du repas par rapport à l’heure du match est tout aussi crucial. Voici quelques exemples concrets pour vous guider.
| Heure du match | Timing repas | Aliments recommandés | À éviter |
|---|---|---|---|
| 10h samedi | 7h (3h avant) | Flocons d’avoine + banane peu mûre + miel | Croissants, pain blanc, jus d’orange |
| 14h dimanche | 11h (3h avant) | Riz basmati + poulet + légumes vapeur | Pâtes blanches sauce grasse |
| 19h mardi | 16h (3h avant) | Sandwich pain complet + jambon + compote | Sandwich baguette + chips |
Au-delà du dernier repas, l’alimentation pendant le tournoi est fondamentale. Arriver au club sans avoir prévu de quoi s’alimenter pendant l’attente ou aux changements de côté est une erreur fréquente. Voici une checklist pour vous aider à préparer votre sac.
Votre kit nutritionnel de compétition à vérifier
- Boisson d’attente : Avez-vous préparé votre bouteille de 500ml d’eau avec 30g de maltodextrine et une pincée de sel ?
- Sucres rapides digestes : Avez-vous des compotes en gourde (sans sucre ajouté) ou des pâtes de fruits artisanales ?
- Fruits adaptés : Avez-vous emporté une ou deux bananes pas trop mûres (leur IG est plus bas) ?
- En-cas de longue attente : Avez-vous un petit sachet de mélange personnalisé (amandes, noix de cajou, raisins secs) ?
- Hydratation post-match : Avez-vous une bouteille d’eau pétillante riche en bicarbonates pour aider à tamponner l’acidité ?
À retenir
- L’endurance au tennis est à 90% anaérobie : le footing est inadapté, le HIIT est roi.
- La performance réside dans la capacité à récupérer entre les points : la respiration est votre meilleur outil.
- L’alimentation et la musculation doivent être spécifiques : privilégiez l’IG bas et la force fonctionnelle, pas la masse.
Comment se muscler pour le tennis sans perdre en relachement et fluidité ?
La peur de « prendre trop de muscle » et de perdre en relâchement est légitime pour un joueur de tennis. Le geste du tennis est une chaîne cinétique complexe qui exige de la fluidité, de la vitesse et de la coordination, bien plus que de la force brute. L’objectif de la préparation physique n’est donc pas de ressembler à un bodybuilder, mais de construire un corps à la fois plus résistant, plus stable et plus explosif, au service de la technique.
L’objectif n’est pas de développer votre masse musculaire à outrance car cela nuirait à votre relâchement, mais plutôt de gagner en force, en maintien et de vous protéger des risques de blessures.
– Team-Tennis.fr, Guide de préparation physique tennis
Pour atteindre cet équilibre, il faut privilégier le travail de force fonctionnelle. Cela signifie travailler les muscles dans des schémas de mouvement similaires à ceux du tennis, en se concentrant sur la qualité de l’exécution plutôt que sur la charge soulevée. On cherche à améliorer la capacité du corps à transférer l’énergie du sol vers la raquette de manière efficace.
Un programme de renforcement spécifique au tennis qui préserve la fluidité doit intégrer les composantes suivantes :
- Force excentrique : Se concentrer sur la phase de contrôle du mouvement (par exemple, une descente lente en squat sur 4 secondes) suivie d’une phase concentrique explosive (la remontée). Cela renforce les tendons et améliore la capacité à freiner et à changer de direction.
- Pliométrie adaptée : Des sauts sur des hauteurs modérées (box de 30-40cm) en se focalisant sur une réception silencieuse et contrôlée. L’objectif est d’améliorer l’élasticité musculaire, pas de sauter le plus haut possible.
- Gainage dynamique : Le « core » (ceinture abdo-lombaire) est le lien entre le bas et le haut du corps. Le travailler avec des exercices de rotation (lancers de médecine-ball, russian twists) est essentiel pour la puissance de frappe et la prévention des blessures au dos.
- Travail avec élastiques : Utiliser des résistances progressives pour simuler les gestes du service et des coups de fond de court permet de renforcer les muscles stabilisateurs de l’épaule et de la coiffe des rotateurs.
- Mobilité active post-séance : Terminer chaque séance de renforcement par 10 minutes d’étirements dynamiques ou de postures de yoga ciblées pour le tennis, afin de maintenir et d’améliorer l’amplitude articulaire.
En adoptant cette approche, la musculation devient un allié de votre technique, et non un frein. Vous construirez un corps plus athlétique, capable d’encaisser les contraintes du jeu tout en conservant le relâchement indispensable à la performance.
Maintenant que vous comprenez les principes physiologiques, nutritionnels et physiques de l’endurance au tennis, l’étape suivante consiste à intégrer ces concepts dans un plan d’entraînement hebdomadaire structuré et personnalisé en fonction de vos objectifs et de votre calendrier de tournois.