
Pour monter au classement FFT, la clé n’est pas d’accumuler les matchs, mais de gérer intelligemment son énergie et ses objectifs.
- Cessez de viser la « victoire » à tout prix et concentrez-vous sur des objectifs de maîtrise (ex: améliorer son pourcentage de première balle).
- Construisez un « portfolio de tournois » équilibré (plaisir, stratégie, développement) plutôt que de vous épuiser dans une course aux points.
Recommandation : Analysez votre saison non pas sur les points gagnés, mais sur votre progression technique, tactique et mentale pour construire une montée durable.
La fin de saison approche et le constat est sans appel : votre classement stagne. Malgré les heures passées sur le court, les tournois enchaînés et les calculs savants sur Ten’Up, l’échelon supérieur semble toujours aussi lointain. Cette frustration, partagée par des milliers de joueurs amateurs en France, mène souvent à une conclusion intuitive : il faut jouer plus, « faire plus de matchs » pour « aller chercher les points ». On se lance alors dans une course effrénée, scrutant le moindre tournoi dans un rayon de 50 kilomètres, avec l’espoir de décrocher la « perf » qui changera tout.
Cette approche, centrée sur le résultat brut, est pourtant la voie royale vers l’épuisement mental et physique. Elle transforme un loisir passionnant en une source d’anxiété, où chaque défaite est un drame et chaque victoire un simple sursis. La pression de « devoir » gagner pour justifier son investissement devient un poids qui paralyse le bras au moment crucial. Mais si la véritable clé n’était pas de courir plus vite après les points, mais de planifier sa course plus intelligemment ? Et si l’objectif n’était pas la victoire, mais la maîtrise ?
Cet article propose une approche différente, presque contre-intuitive, pour aborder la montée au classement. Nous allons déconstruire le mythe de la « course aux points » pour le remplacer par une stratégie de progression durable. Il ne s’agit pas de nier l’importance du calcul, mais de le remettre à sa juste place : celle d’un outil au service d’un plan plus vaste. Nous verrons comment définir des objectifs qui libèrent de la pression, comment choisir ses batailles avec discernement et comment transformer les championnats par équipes en un véritable laboratoire de progression.
Pour vous guider dans cette démarche stratégique, cet article est structuré pour vous accompagner pas à pas, du décryptage des mécanismes du classement à la mise en place d’un plan d’action concret pour la saison à venir. Découvrez comment transformer la pression en carburant et faire de chaque match une opportunité de progresser, quel que soit le score final.
Sommaire : Une approche stratégique pour progresser au classement tennis sans s’épuiser
- Pourquoi le classement FFT est-il si difficile à monter la première année ?
- Victoire à échelon égal ou « perf » : qu’est-ce qui rapporte vraiment des points ?
- Pourquoi viser « améliorer mon revers » est plus efficace que viser « gagner 10 matchs » ?
- Tournois d’hiver ou d’été : quelle période est la plus propice aux « perfs » ?
- L’erreur de jouer trop de tournois pour « courir après les points »
- Tournois et championnats : le sésame de la licence pour se mesurer aux autres
- Comment porter son équipe vers la victoire en championnat sans craquer sous l’enjeu ?
- Quand faire le point : analyser sa saison pour mieux préparer la suivante
Pourquoi le classement FFT est-il si difficile à monter la première année ?
La première année de compétition officielle est souvent une douche froide pour de nombreux joueurs. Habitués à tenir tête à leurs partenaires d’entraînement, ils découvrent une réalité bien plus âpre où les victoires se font rares. Cette difficulté n’est pas qu’une impression ; elle repose sur deux facteurs structurels souvent sous-estimés : la pression du match officiel et l’élévation constante du niveau général. Le passage d’un match amical, sans enjeu, à une partie dont le résultat sera gravé dans le marbre numérique de Ten’Up, change radicalement la dynamique psychologique.
Comme le souligne Alexandre Doleux, préparateur mental spécialisé dans le tennis :
En match standard amateur, généralement en 3 sets gagnants, la première année est souvent traumatisante car on passe des matchs amicaux aux matchs où le score est enregistré sur Ten’Up pour la postérité.
– Alexandre Doleux, Préparateur mental tennis et tennis de table
L’autre phénomène est le « paradoxe du niveau ». Un joueur peut avoir le sentiment de progresser techniquement, de frapper plus fort, d’être plus régulier, tout en voyant son classement stagner. C’est l’illustration parfaite que le classement n’est pas une mesure de votre niveau absolu, mais de votre niveau relatif par rapport aux autres joueurs.
Le paradoxe du niveau en constante progression
Un joueur témoigne de cette évolution : « J’étais 30/1 en 1988. Aujourd’hui, je joue vraiment beaucoup mieux, j’ai pris des cours, je continue à corriger mes défauts, j’ai une excellente forme physique. Pourtant, je suis toujours 30/1 ! » Cette situation illustre que le niveau général a explosé. Des catégories comme 40, 30/5 ou 30/4 n’existaient même pas à l’époque. Aujourd’hui, on rencontre des joueurs qui jouent « très correctement » dès les premiers tours de 4ème série. L’époque des « pousseurs de balle maladroits » est révolue, ce qui rend chaque victoire, même à son échelon, plus difficile à obtenir.
Comprendre cela est la première étape pour dédramatiser. Stagner la première année n’est pas un signe d’échec, mais l’expérience normale d’adaptation à un écosystème compétitif dense et en constante amélioration. Selon les dernières statistiques officielles de la FFT, avec 447 523 joueurs classés en France, se démarquer demande plus qu’un bon coup droit : cela exige une stratégie.
Victoire à échelon égal ou « perf » : qu’est-ce qui rapporte vraiment des points ?
Le système de calcul du classement FFT peut sembler complexe, mais il repose sur une logique simple : toutes les victoires ne se valent pas. Une « perf » (victoire contre un joueur mieux classé) rapporte beaucoup de points, mais la régularité des victoires à son propre échelon est tout aussi cruciale. Le calcul prend en compte vos meilleures victoires sur une période de 12 mois glissants. L’objectif n’est donc pas de faire une seule perf miraculeuse, mais de construire un bilan solide et cohérent tout au long de l’année.
Le barème est progressif : une victoire à échelon égal vaut un certain nombre de points, et chaque échelon de différence avec votre adversaire (en plus ou en moins) modifie ce total. Par exemple, battre un joueur classé un échelon au-dessus rapporte plus que de battre un joueur à votre classement. À l’inverse, une défaite contre un joueur moins bien classé (« contre-performance ») ne coûte pas de points directement, mais elle occupe une « ligne » de votre palmarès qui aurait pu être une victoire. L’enjeu est donc de maximiser la « rentabilité » de chaque match joué.
Avec la réforme du classement, cette dynamique est encore plus importante. En effet, depuis octobre 2022, le classement est recalculé chaque mois, ce qui signifie que vos résultats récents ont un impact quasi immédiat. Cette évolution permet une montée plus rapide pour les joueurs en forme, mais demande aussi une vigilance constante sur son bilan. Il ne s’agit plus d’attendre la fin de saison, mais de gérer son « capital points » en temps réel. Pour y voir clair, une analyse méthodique de son propre palmarès est indispensable.
Votre plan d’action pour un calcul de classement intelligent
- Accès et diagnostic : Connectez-vous à votre espace Ten’Up et consultez la simulation de votre classement. C’est votre tableau de bord.
- Objectif chiffré : Identifiez précisément le nombre de points qu’il vous manque pour atteindre l’échelon supérieur (par exemple, un minimum de 360 points est souvent requis pour espérer monter 15/1).
- Analyse temporelle : Passez en revue vos 12 derniers mois. Les points des matchs joués il y a plus d’un an vont disparaître et doivent être remplacés par de nouvelles victoires.
- Priorisation stratégique : Ciblez en priorité des victoires contre des joueurs de votre futur échelon. Une victoire significative est souvent nécessaire pour valider une montée, au-delà du simple total de points.
- Simulation active : Utilisez le simulateur de classement sur Ten’Up avant de vous inscrire à un tournoi pour visualiser l’impact potentiel d’une victoire ou d’une défaite sur votre bilan.
Pourquoi viser « améliorer mon revers » est plus efficace que viser « gagner 10 matchs » ?
L’obsession du résultat est le principal ennemi du joueur de tennis. Se fixer comme seul objectif de « gagner » un match ou un certain nombre de matchs dans la saison génère une pression immense qui, paradoxalement, diminue les chances de victoire. Le bras se crispe, la peur de la faute l’emporte sur l’intention de jeu et le plaisir disparaît. La solution est de déplacer son attention des objectifs de résultat (gagner, monter) vers des objectifs de maîtrise (améliorer un coup, appliquer une tactique).
Un objectif de maîtrise est concret, mesurable et dépend entièrement de vous. Viser « réussir 70% de premières balles » ou « jouer mon revers lifté croisé 5 fois par set » sont des buts sur lesquels vous avez le contrôle, contrairement au score final qui dépend aussi de l’adversaire. Cette approche a un effet psychologique puissant : elle court-circuite la peur de l’échec et recentre le joueur sur le processus, sur le jeu lui-même. C’est une philosophie adoptée au plus haut niveau, comme en témoigne le parcours de Gilles Simon, qui a transformé sa carrière en se concentrant sur les aspects mentaux et la maîtrise de son jeu plutôt que sur le résultat brut.

Cette focalisation sur le processus libère le potentiel. Comme l’explique Antoni Girod, spécialiste de la psychologie du sport, la clé est de détourner son attention de l’enjeu pour la reporter sur l’action.
La focalisation sur des objectifs de maîtrise plutôt que sur des objectifs de résultat court-circuite la peur de l’échec et libère le bras.
– Antoni Girod, Professeur de Psychologie appliquée, Université de Montpellier
Concrètement, cela signifie tenir un carnet de match où l’on ne note pas seulement le score, mais aussi la réalisation de ses objectifs de maîtrise. Avez-vous réussi à rester calme après une double faute ? Avez-vous appliqué le schéma tactique prévu ? Ces « victoires invisibles » construisent la confiance bien plus solidement qu’une victoire chanceuse et sont le véritable moteur de la progression à long terme.
Tournois d’hiver ou d’été : quelle période est la plus propice aux « perfs » ?
Choisir ses tournois n’est pas qu’une question de logistique, c’est un acte stratégique. Toutes les périodes de l’année n’offrent pas les mêmes opportunités. Plutôt que de s’inscrire à tout ce qui se présente, un joueur avisé analyse le calendrier pour maximiser ses chances de performer. La surface, la densité du tableau et l’état de forme général des compétiteurs sont des variables clés à considérer.
La saison de tennis amateur en France est principalement rythmée par deux grandes périodes : la saison d’hiver en intérieur et la saison d’été en extérieur. Chacune a ses spécificités et favorise des profils de joueurs différents. Un joueur au service puissant et au jeu à plat sera souvent plus à l’aise sur les surfaces rapides en résine des salles l’hiver. À l’inverse, un joueur physique, doté d’un bon lift et d’une grande endurance, trouvera son bonheur sur la terre battue l’été.
Cependant, la recherche de « perfs » demande une analyse plus fine. Les tournois de fin de saison estivale (fin août, début septembre) peuvent être des mines d’or. De nombreux joueurs sont fatigués par une longue saison, moins motivés, et donc plus susceptibles de passer à côté de leur match. De même, les tournois dans les zones touristiques l’été peuvent présenter des tableaux très hétérogènes, offrant des opportunités de rencontrer des joueurs d’un bon niveau mais hors de leur meilleure forme. À l’inverse, les championnats individuels de début de saison (hiver) voient souvent des joueurs très affûtés et motivés.
L’approche la plus intelligente consiste à se construire un « portfolio de tournois » équilibré, en choisissant les compétitions non seulement pour les points potentiels, mais aussi en fonction de ses propres forces et de l’objectif recherché à ce moment de la saison (gagner en confiance, tester une nouvelle tactique, etc.).
| Période | Surface dominante | Avantages tactiques | Opportunités de perf |
|---|---|---|---|
| Hiver (Nov-Mars) | Résine/Green Set indoor | Favorise le service et jeu à plat | TMC fin août/début septembre – joueurs fatigués |
| Été (Avril-Oct) | Terre battue outdoor | Favorise le physique et le lift | Tournois zones touristiques – niveau hétérogène |
| Intersaison | Mixte | Adaptation nécessaire | Moins de participants – tableaux plus accessibles |
L’erreur de jouer trop de tournois pour « courir après les points »
Face à la stagnation, l’instinct pousse à multiplier les compétitions. C’est la stratégie du « grattage » : plus on joue, plus on a de chances de tomber sur un jour « sans » de l’adversaire ou un forfait. Si cette tactique peut fonctionner à très court terme, elle est la plus sûre recette pour le burnout du compétiteur. Enchaîner les tournois sans temps de repos ni d’analyse épuise le « capital énergie » mental et physique, conduisant inévitablement à une spirale de contre-performances et de perte de confiance.
Le corps et l’esprit ont besoin de temps pour intégrer les leçons d’un match, pour récupérer et pour s’entraîner. Un joueur qui ne fait que jouer en compétition finit par ne plus progresser. Il répète les mêmes erreurs, s’use physiquement et voit son plaisir de jouer s’éroder jusqu’à disparaître. La frustration prend alors le dessus, transformant chaque point perdu en une véritable torture mentale.
Témoignage sur le burnout du compétiteur amateur
Un joueur classé 30/1 raconte son expérience : « Après avoir atteint mon meilleur classement, toute ma confiance s’est évaporée. J’enchaînais les tournois, toujours pas de victoire. Deux défaites sèches et une défaite avec 6 balles de match contre un adolescent de 14 ans. » Ce témoignage illustre comment l’accumulation de matchs sans pause peut détruire la confiance. La solution qu’il a trouvée ? Arrêter la course aux points, se recentrer sur son attitude sur le court et son état d’esprit. En retrouvant le plaisir, les victoires sont revenues naturellement.
La solution n’est pas de jouer plus, mais de jouer mieux et plus intelligemment. Il faut remplacer la quantité par la qualité en adoptant une planification réfléchie. La méthode du « Portfolio de Tournois » est une excellente approche pour structurer sa saison et préserver son capital énergie. Elle consiste à équilibrer différents types de compétitions pour maintenir la motivation et optimiser la progression.
- 50% de tournois « plaisir » : Des compétitions conviviales, proches de chez soi, ou en équipe, où l’enjeu principal est de s’amuser.
- 30% de tournois « stratégiques » : Des tournois ciblés spécifiquement pour maximiser les chances de « perf » en fonction de la période et du type de tableau.
- 20% de tournois « développement » : Des compétitions où l’on se rend sans pression de résultat, dans le but unique de tester de nouvelles tactiques ou de travailler un point faible en conditions réelles.
En planifiant un maximum de 15 tournois par an et en intégrant des blocs de repos de 3 à 4 semaines, on évite la saturation et on transforme la compétition en un véritable outil de progression.
Tournois et championnats : le sésame de la licence pour se mesurer aux autres
La licence FFT n’est pas qu’un simple sésame administratif ; c’est la porte d’entrée vers deux univers de compétition complémentaires : les tournois individuels et les championnats par équipes. Si l’objectif final reste souvent la progression au classement individuel, ignorer l’un de ces deux formats serait une erreur stratégique. Chacun offre des opportunités de développement uniques et répond à des besoins psychologiques différents.
Le tournoi individuel est l’arène de l’affirmation de soi. Le joueur est seul face à son destin, responsable de ses victoires comme de ses défaites. La pression y est maximale, mais la satisfaction d’une victoire n’en est que plus grande. C’est le format idéal pour tester ses limites, se mesurer directement aux autres et voir l’impact de chaque match sur son classement. C’est la quête de la performance pure.
Le championnat par équipes, quant à lui, est un formidable laboratoire de progression. La pression, bien que présente, est diluée et transformée. On ne joue plus seulement pour soi, mais pour son club, pour ses coéquipiers. Cette dimension collective peut être un puissant moteur de motivation. Elle permet de jouer des matchs à enjeu dans une ambiance de soutien, avec un capitaine pour conseiller et des partenaires pour encourager. Un match de championnat compte tout autant pour le classement individuel, mais il se déroule dans un cadre souvent moins intimidant. C’est l’endroit parfait pour oser, pour tenter des coups sans la peur paralysante de la « contre » qui hanterait un tournoi individuel.
Comprendre les nuances entre ces deux formats permet de les utiliser intelligemment dans sa planification annuelle. Le championnat peut servir de préparation et de mise en confiance avant d’aborder un cycle de tournois individuels plus exigeants.
| Aspect | Tournoi individuel | Championnat par équipes |
|---|---|---|
| Pression | Personnelle – on joue pour soi | Collective – on représente son club |
| Impact classement | Direct sur le classement individuel | Compte aussi pour le classement |
| Format | Élimination directe généralement | Rencontres aller-retour |
| Opportunité | Tester ses limites personnelles | Laboratoire sans risque majeur |
| Support | Seul ou avec coach personnel | Capitaine et coéquipiers présents |
Comment porter son équipe vers la victoire en championnat sans craquer sous l’enjeu ?
Dans un championnat par équipes, l’enjeu dépasse le simple cadre individuel. Chaque point compte pour le résultat collectif, ce qui peut générer une pression d’un genre nouveau : la peur de décevoir ses partenaires. Pour un joueur bien classé dans son équipe, cette pression peut se transformer en « syndrome du sauveur », l’obligeant à gagner à tout prix. Pourtant, la meilleure façon de porter son équipe est, encore une fois, de se détacher du résultat pour incarner un rôle de leader par l’exemple.
Le véritable leadership en championnat ne réside pas dans le fait de gagner tous ses matchs, mais de montrer une combativité et une attitude exemplaires, même dans la défaite. Un leader qui reste positif, qui encourage ses coéquipiers et qui se bat sur chaque point, a un impact bien plus grand sur la dynamique du groupe qu’un joueur qui gagne son simple mais se montre négatif ou distant. Il s’agit de transformer la pression de « devoir gagner » en une motivation à « bien faire ».
Transformation du rôle de leader en championnat
Un moniteur de tennis et joueur 5/6 partage son expérience : « Le but n’est pas de tout gagner, mais de montrer une combativité et une attitude exemplaires. » En adoptant cette philosophie, il a transformé sa perception des championnats. En passant du statut de ‘sauveur’ à celui de ‘leader par l’exemple’, la pression est devenue une motivation. La mise en place de rituels collectifs (échauffement, briefings, débriefings constructifs) a soudé l’équipe et a conduit à des victoires décisives, prouvant que l’état d’esprit collectif est plus puissant que la somme des individualités.
L’apogée de cet esprit d’équipe se manifeste souvent lors du double décisif. Ce moment de tension extrême est un microcosme de la stratégie collective. La communication, la tactique et la gestion mentale y sont reines. Une paire soudée et stratégique peut renverser des situations compromises. C’est un exercice où la maîtrise des fondamentaux du jeu en équipe prend tout son sens : communiquer par des signaux, cibler le joueur adverse le plus fébrile, et surtout, se soutenir mutuellement après chaque point, bon ou mauvais.

À retenir
- La progression durable au classement repose sur des objectifs de maîtrise (qualité des coups, tactique) plutôt que sur des objectifs de résultat (victoires).
- Une planification intelligente via un « portfolio de tournois » (plaisir, stratégie, développement) est plus efficace et moins usante que d’enchaîner les compétitions.
- Les championnats par équipes sont un excellent laboratoire pour tester son jeu et renforcer son mental dans un cadre de soutien collectif.
Quand faire le point : analyser sa saison pour mieux préparer la suivante
Une saison de tennis ne se termine pas avec le dernier tournoi. Elle s’achève par une phase cruciale mais souvent négligée : l’analyse objective de l’année écoulée. Sans ce travail de bilan, le risque est de repartir la saison suivante avec les mêmes forces, les mêmes faiblesses, et de répéter inlassablement le même cycle de frustration. Ce n’est pas un jugement de valeur sur ses résultats, mais un diagnostic stratégique pour construire un plan de progression concret.
Cette analyse doit dépasser le simple décompte des victoires et des défaites. En s’appuyant sur notre approche centrée sur la maîtrise, le bilan doit s’articuler autour de trois dimensions : technique, tactique et mentale. Quels sont les coups qui vous ont rapporté le plus de points ? Quels sont ceux qui vous ont coûté des matchs ? Quels schémas de jeu ont fonctionné contre quels types d’adversaires ? Comment avez-vous géré les moments de tension ? L’outil Ten’Up, en permettant de « taguer » ses matchs (#belle_lutte, #frustrant, #tactique_payante), offre une base de données précieuse pour cette auto-évaluation.
L’objectif de ce bilan est d’identifier non seulement les points faibles évidents, mais aussi les « victoires invisibles ». Une défaite 7-6 au troisième set contre un joueur mieux classé, où vous avez sauvé trois balles de match en restant calme, est une progression mentale bien plus significative qu’une victoire facile. Savoir reconnaître et valoriser ces avancées est essentiel pour maintenir la motivation et construire une confiance en soi solide, indépendante des résultats bruts.
Sur la base de ce diagnostic complet, il devient alors possible de fixer des objectifs de processus clairs et pertinents pour la saison à venir. Non pas « monter 15/4 », mais « atteindre 70% de premières balles en match », « ne plus faire aucune double faute dans les jeux décisifs » ou « maîtriser le service-volée sur seconde balle ». Ces objectifs concrets, issus de votre propre analyse, constituent une feuille de route personnalisée qui donnera un sens à chaque entraînement et à chaque match de la nouvelle saison.
Le chemin vers un meilleur classement est un marathon, pas un sprint. En appliquant cette approche stratégique, vous transformerez la pression en motivation et chaque match en une leçon. Évaluez dès maintenant votre saison passée non pas par les points, mais par la progression, et bâtissez votre succès futur sur des fondations solides.