Joueur de tennis analysant son coup droit sur terre battue française
Publié le 17 mai 2024

Contrairement à l’idée reçue, la clé pour gagner plus de matchs n’est pas de corriger obsessionnellement vos points faibles, mais de rendre votre meilleur coup absolument inarrêtable.

  • Le joueur de club moyen progresse plus vite en dédiant 70% de son entraînement à la sublimation de sa force principale.
  • Connaître son œil directeur et sa morphologie permet de choisir un style de jeu et des schémas tactiques qui maximisent naturellement cette force.

Recommandation : Analysez votre jeu pour identifier le coup qui a le plus grand potentiel, même s’il n’est que « correct » aujourd’hui, et construisez toute votre stratégie autour de lui.

Vous enchaînez les matchs, vous vous entraînez, mais un sentiment de frustration persiste. Vous êtes un joueur « moyen partout » : un coup droit correct, un revers qui passe, un service sans plus. Face à un adversaire qui a une « arme », un coup qui fait mal, vous vous sentez démuni. Votre régularité ne suffit plus. Le conseil classique est alors de « travailler votre point faible », de passer des heures à perfectionner ce revers slicé qui vous fait défaut. Mais cette approche, si elle est rassurante, est souvent un piège qui vous maintient dans la moyenne.

Et si la véritable clé pour franchir un cap n’était pas de combler vos lacunes, mais de creuser l’écart avec vos forces ? Si au lieu de viser un 7/10 partout, vous cherchiez à obtenir un 10/10 sur un seul coup, et à construire toute votre stratégie pour l’utiliser ? Cet article propose une approche contre-intuitive : cesser la course à la polyvalence pour se concentrer sur la création d’une identité de jeu tranchante. Il s’agit de transformer un simple point fort en une arme chirurgicale, et d’apprendre à orienter chaque échange pour pouvoir vous en servir. Nous verrons comment identifier ce coup, comment bâtir une tactique autour, et pourquoi consacrer la majorité de votre temps à le sublimer est la stratégie la plus efficace pour enfin gagner plus de matchs.

Pour construire cette identité de jeu gagnante, il est essentiel de suivre une démarche structurée. Cet article vous guidera à travers les étapes clés, de l’analyse de vos prédispositions naturelles à l’application de stratégies mentales pour maintenir le cap, même dans la défaite.

Droitier ou gaucher visuel : quel est votre œil directeur et votre coup naturel ?

Avant même de penser à la technique, la première étape pour bâtir votre jeu est de comprendre vos prédispositions biologiques. L’une des plus méconnues et pourtant fondamentales est la notion d’œil directeur. Tout comme vous avez une main ou un pied dominant, l’un de vos yeux traite l’information visuelle de manière prioritaire. Connaître votre œil directeur est crucial, car il influence directement votre perception de la balle, votre positionnement et, par conséquent, le confort et l’efficacité de vos frappes. Un joueur droitier avec un œil directeur droit aura, par exemple, une facilité naturelle à frapper des coups droits en se décalant, car son œil dominant est idéalement placé pour juger la trajectoire de la balle.

Cette latéralité visuelle définit ce qu’on peut appeler votre « coup naturel ». C’est le coup où la coordination œil-main est la plus fluide et instinctive. Le joueur français Adrian Mannarino, gaucher, illustre parfaitement ce principe. Son jeu atypique, très à plat et avec des prises de balle précoces, exploite les angles que sa condition de gaucher lui offre naturellement. Il ne cherche pas à imiter le coup droit lifté d’un droitier classique ; il a construit son efficacité autour de sa propre biomécanique. Pour le joueur amateur, identifier son coup naturel est la première pierre pour construire une arme fiable. Il ne s’agit pas forcément de votre coup le plus puissant aujourd’hui, mais de celui où vous vous sentez le plus « à l’aise » et où la vision de la balle est la plus nette.

L’identification de cet œil directeur est simple. Tendez votre bras, pouce levé, et visez un objet lointain avec les deux yeux ouverts. Fermez un œil, puis l’autre. L’œil qui maintient le pouce aligné avec l’objet est votre œil directeur. Une fois cette information acquise, vous pouvez commencer à ajuster subtilement votre placement, notamment au retour de service, en vous décalant légèrement du côté de cet œil pour optimiser la lecture de la trajectoire et préparer plus efficacement votre coup naturel.

Comment orienter l’échange pour obtenir une balle sur votre coup droit ?

Une fois votre arme principale identifiée (le plus souvent le coup droit pour une majorité de joueurs), le défi n’est plus de la perfectionner isolément, mais de créer les conditions pour l’utiliser le plus souvent possible en match. Cela transforme le tennis d’une simple succession de frappes en un jeu d’échecs. Votre objectif est de manipuler la géométrie du court pour forcer l’adversaire à vous donner la balle que vous attendez. Il ne s’agit pas d’attendre passivement une balle favorable, mais de la provoquer activement par une séquence de coups préparatoires.

Vue aérienne d'un court de tennis montrant les angles et zones stratégiques

Comme le montre cette vue stratégique, le court est un espace d’angles et de zones à exploiter. Une des séquences préférentielles les plus efficaces pour un droitier cherchant à obtenir une balle sur son coup droit est de s’engager dans une diagonale revers. En jouant de manière répétée et profonde sur le revers adverse, vous créez une situation de pression. L’adversaire a alors trois options principales : continuer la diagonale (ce qui vous permet de contrôler le rythme), tenter un revers long de ligne risqué, ou jouer une balle plus courte et moins dangereuse au centre ou sur votre coup droit. C’est cette dernière balle que vous attendez pour déclencher votre arme.

Pour rendre cette tactique encore plus efficace, l’utilisation de variations sur votre propre revers est essentielle. Un revers slicé, bas et fuyant, est particulièrement difficile à attaquer et peut provoquer une balle courte et haute, parfaite pour votre coup droit d’attaque. Sur une surface rapide comme le dur, une autre option est le contre. Si l’adversaire attaque en diagonale sur votre revers, ne cherchez pas à surjouer. Un contre en coup droit long de ligne, joué avec la vitesse de la balle adverse, peut être un coup gagnant direct et surprenant. La clé est de ne pas subir, mais de toujours avoir une intention : chaque coup doit préparer le suivant, dans le but ultime de placer votre arme en position de tir.

Comment empêcher l’adversaire de pilonner votre point faible ?

Il y a une réalité incontournable au tennis de club : dès que votre adversaire identifie votre point faible, il va s’en servir comme d’une cible. Cette stratégie, bien que simple, est redoutablement efficace. En France, où l’on compte près de 450 000 joueurs classés sur 950 000 licenciés, la grande majorité des matchs se gagnent non pas sur des coups spectaculaires, mais en exploitant la faille de l’autre. Si votre revers est friable, vous pouvez être certain que 80% des balles y seront dirigées. Tenter de « tenir » en force dans cette diagonale est souvent une bataille perdue d’avance qui sape votre confiance et vous empêche de développer votre jeu.

L’approche stratégique n’est pas de rendre ce point faible aussi fort que votre point fort, mais de le rendre fiable et neutre. L’objectif n’est pas de gagner le point avec, mais de ne pas le perdre. Il s’agit de désamorcer la tactique de pilonnage de l’adversaire en lui retirant la satisfaction d’une faute facile de votre part. Pour cela, vous devez développer un arsenal de réponses tactiques pour varier et casser le rythme :

  • Le slice de neutralisation : Une balle basse et coupée est difficile à attaquer et force l’adversaire à générer sa propre puissance.
  • La balle haute et bombée au centre : Ce coup « lunaire » est frustrant pour le pilonneur. Il casse son rythme, le force à reculer et vous donne du temps pour vous replacer.
  • Le changement de direction précoce : Au lieu de subir la diagonale, tentez un coup long de ligne (même sans grande puissance) dès que possible pour surprendre l’adversaire et le forcer à bouger.
  • Le lob de défense : Quand vous êtes acculé sur votre côté faible, un lob défensif haut et profond est souvent une meilleure option qu’un passing-shot désespéré.

Enfin, une tactique psychologique consiste à masquer votre point faible en début de match. Pendant les premiers jeux, forcez-vous à jouer vos premières balles sur ce côté avec une grande sécurité, même si cela signifie ne pas attaquer. L’adversaire pourrait alors tarder à identifier la véritable faille, vous laissant le temps d’installer votre propre stratégie basée sur votre point fort.

L’erreur de travailler 80% du temps ses points faibles au lieu de sublimer ses forces

Nous touchons ici au cœur de la stratégie contre-intuitive. L’instinct et les conseils traditionnels nous poussent à nous acharner sur nos faiblesses. Le résultat ? On devient un joueur « moins mauvais » partout, mais excellent nulle part. On passe d’un 4/10 en revers à un 6/10, tandis que notre coup droit, déjà à 7/10, stagne. Cette approche ne crée pas de véritable avantage compétitif. La victoire au tennis, surtout au niveau amateur, revient souvent à celui qui impose son jeu. Et pour imposer son jeu, il faut une arme. Comme le souligne le coach professionnel Sofiane Mdarhri, la priorité est de bâtir une technique efficiente pour jouer avec vitesse et rythme.

Ma priorité est de développer une technique efficiente et juste, qui permette de jouer avec de la vitesse et du rythme sans forcer.

– Sofiane Mdarhri, Site Coach Tennis Pro – Méthode d’entraînement

Cette efficience doit être recherchée en priorité sur votre point fort. Il faut inverser la proportion du temps d’entraînement. Au lieu du 80/20 en faveur du point faible, adoptez une approche plus agressive et stratégique. Le but n’est plus d’équilibrer vos coups, mais de créer une asymétrie délibérée dans votre jeu : être injouable sur un côté, et simplement solide de l’autre. Cette spécialisation est ce qui vous donnera une véritable identité de jeu et un plan clair en match : survivre sur votre point faible pour pouvoir assassiner avec votre point fort.

Votre feuille de route pour un entraînement efficace : la méthode 70/20/10

  1. 70% du temps : Consacrez la grande majorité de vos séances à votre coup fort. L’objectif est de le rendre automatique, précis même sous pression, et puissant sans forcer. Travaillez toutes les variations : croisé, long de ligne, court-croisé, lifté, à plat.
  2. 20% du temps : Rendez votre point faible fiable. L’unique but est la régularité. Ne cherchez pas le coup gagnant. Travaillez le slice, la balle haute, le chop, pour être capable de remettre la balle en jeu 10 fois de suite sans faire de faute.
  3. 10% du temps : Développez des coups « jokers ». Il s’agit de coups surprenants qui cassent la routine de l’échange : l’amortie, le service-volée, le lob offensif. Ils ne seront pas votre base, mais ils sèmeront le doute chez l’adversaire.
  4. Mesure de l’impact : Tenez un carnet de match simple. Notez combien de points gagnants vous avez réalisés avec votre coup fort et combien de fautes directes vous avez faites avec votre point faible. L’objectif est de maximiser le premier et de minimiser le second.
  5. Adaptation au classement : Cette règle doit s’adapter. De Non Classé à 30, la priorité absolue reste la régularité générale. C’est à partir de 15/5 – 15/4, où les joueurs commencent à avoir des schémas, que la spécialisation devient, selon la règle du 70/20/10, une stratégie payante.

Attaquant ou défenseur : quel style privilégier selon que vous jouez sur dur ou terre ?

Le choix de votre identité de jeu, attaquant ou défenseur, ne dépend pas uniquement de votre tempérament. Il est intimement lié à l’environnement dans lequel vous évoluez, et au tennis, l’environnement principal est la surface de jeu. Jouer sur une terre battue ocre à Roland-Garros ou sur un court en dur bleu de l’Open d’Australie sont deux sports différents. Les caractéristiques physiques de la surface dictent la vitesse de la balle, la hauteur du rebond et, par conséquent, les stratégies qui s’avèrent les plus payantes.

La principale différence réside dans la friction. La terre battue ralentit la balle de 40% après le rebond, contre seulement 32-35% sur un court en dur. De plus, elle génère un rebond plus haut et plus sensible aux effets, notamment le lift. Cette physique avantage naturellement les défenseurs et les contre-attaquants. Les échanges sont plus longs, l’endurance est primordiale, et la capacité à construire le point patiemment avec des balles hautes et liftées est une qualité maîtresse. Un service surpuissant est moins décisif, car l’adversaire a plus de temps pour s’organiser. Sur terre battue, la patience et la construction sont reines.

À l’inverse, le court en dur favorise le jeu d’attaque et les points courts. Le rebond plus bas et plus rapide récompense la prise de balle précoce, les frappes à plat ou peu recouvertes, et surtout, un service dominant. Sur cette surface, un joueur qui possède une arme (un service puissant ou un coup droit dévastateur) peut dicter l’échange dès le premier coup de raquette. Tenter de défendre loin de sa ligne est souvent une stratégie perdante, car la vitesse de la balle laisse peu de temps pour réagir. Le joueur efficace sur dur est celui qui prend l’initiative, qui cherche à raccourcir les échanges et à finir les points rapidement, soit au filet, soit avec un ou deux coups de fond de court puissants.

Quel style de jeu adopter en simple selon votre morphologie et votre endurance ?

Au-delà de la surface, votre propre corps est un facteur déterminant dans le choix de votre style de jeu. Tenter d’imiter le jeu de service-volée d’un joueur de 2 mètres quand on mesure 1,70 m est une recette pour l’échec. L’efficacité vient de l’adéquation entre vos ambitions tactiques et vos capacités physiques réelles : votre morphologie et votre niveau d’endurance. Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une orientation stratégique pour maximiser vos atouts naturels. Par exemple, un grand gabarit aura une facilité naturelle à servir et à couvrir le filet, tandis qu’un joueur plus petit bénéficiera d’un meilleur centre de gravité et d’une plus grande agilité pour la défense et le contre.

Le parcours de Gilles Simon, qui a été numéro 1 français pendant 50 semaines, est une leçon magistrale sur ce sujet. Malgré un gabarit modeste (1,83 m mais très fin) pour le circuit professionnel, il a développé un jeu offensif redoutable, non pas basé sur la puissance brute, mais sur une prise de balle extrêmement précoce et un timing exceptionnel. Il a prouvé qu’un « petit » joueur n’est pas condamné à défendre, mais peut attaquer différemment, en utilisant l’intelligence de jeu et la vitesse d’exécution. Son endurance remarquable lui permettait de maintenir cette intensité sur des matchs à rallonge, illustrant que le physique ne dicte pas un seul style, mais ouvre un éventail de possibilités à adapter intelligemment.

Pour le joueur amateur, cette réflexion est cruciale pour éviter les blessures et l’épuisement. Le tableau suivant propose des orientations générales, qui restent bien sûr à personnaliser, comme le montre une analyse des styles de jeu selon les profils.

Styles de jeu selon morphologie et endurance
Morphologie Endurance élevée Endurance limitée
Petit gabarit (< 1,75m) Défenseur mobile, contres Prise de balle précoce, jeu court
Gabarit moyen (1,75-1,85m) Tout-terrain, variations Service-volée, points courts
Grand gabarit (> 1,85m) Attaquant fond de court Service dominant, jeu direct

À retenir

  • Le principe d’asymétrie : Votre objectif n’est pas d’être bon partout, mais de devenir excellent sur un coup et simplement fiable sur les autres.
  • La méthode 70/20/10 : Inversez la logique d’entraînement. Consacrez 70% de votre temps à votre arme, 20% à la fiabilisation de votre faiblesse, et 10% à des coups surprises.
  • La construction du point : Une arme ne sert à rien si vous ne savez pas l’utiliser. Apprenez les séquences tactiques pour manipuler l’adversaire et obtenir la balle que vous voulez frapper.

Pilonner le joueur faible ou éviter le joueur fort : quelle stratégie paye le plus ?

La stratégie se complexifie encore en double, où l’équation implique quatre joueurs aux niveaux souvent hétérogènes. La présence de près de 13 joueurs français dans le Top 100 ATP en 2024 montre la densité du tennis masculin français, mais en club, il est fréquent de voir des paires déséquilibrées. La question devient alors : faut-il systématiquement pilonner le joueur supposé le plus faible, ou est-il parfois plus judicieux de surprendre le joueur fort ? La réponse n’est pas binaire et doit s’adapter au moment du match.

La sagesse populaire conseille de jouer sur le joueur le plus faible. C’est une stratégie de base solide, car elle maximise les chances de provoquer la faute. Cependant, une application aveugle de cette règle peut devenir contre-productive. Le joueur faible, recevant toutes les balles, finit par entrer dans son match et trouver son rythme, tandis que le joueur fort, inactif, peut se « refroidir » et commettre des erreurs inhabituelles lorsqu’on le sollicite enfin. De plus, une tactique aussi prévisible permet à l’équipe adverse de s’organiser, le joueur fort pouvant anticiper et venir intercepter.

Une approche plus stratégique consiste à faire varier les cibles en fonction du score et du moment du match. L’objectif est de créer de l’incertitude et d’isoler les joueurs à tour de rôle. Voici un plan de jeu adaptatif :

  • Début de set (0-0 à 2-2) : Testez le joueur fort. Sollicitez-le pour évaluer sa forme du jour. Est-il en confiance ? Fait-il des fautes ? Cela vous donnera des informations précieuses pour la suite.
  • Milieu de set (3-3 à 4-4) : Alternez les cibles. Empêchez l’équipe adverse de s’installer dans un schéma confortable. Jouer au centre est une excellente tactique pour créer la confusion et forcer la communication entre les partenaires.
  • « Money time » (points importants, tie-break) : C’est le moment de revenir aux fondamentaux. Ciblez systématiquement le joueur le plus faible ou celui qui a montré le plus de fébrilité durant le match. La pression est maximale, et c’est là que la faille a le plus de chances de céder.

Comment continuer à jouer votre jeu même si vous perdez 0-6 0-3 ?

Le score est sévère. 0-6, 0-3. Votre adversaire semble intouchable, tout ce que vous tentez échoue. La tentation est immense : soit baisser les bras, soit changer radicalement de tactique en tentant des coups improbables. C’est pourtant dans ces moments que l’adhésion à votre identité de jeu est la plus cruciale. Changer de plan en pleine déroute est le meilleur moyen de perdre 0-6, 0-6 en n’ayant rien appris. Continuer à appliquer votre stratégie, même quand elle ne paie pas immédiatement, est un acte de foi dans le processus que vous avez construit.

La clé est de procéder à un « reset » tactique et mental. Il ne s’agit pas de tout jeter, mais de redéfinir vos objectifs à court terme. Oubliez la victoire du match ; elle est, pour l’instant, hors de portée. Votre nouvel objectif est de gagner le prochain point, puis le prochain jeu. Pour y parvenir, vous devez vous raccrocher à ce que vous contrôlez : vos rituels, vos intentions et l’exécution de vos schémas préférentiels. Chaque point gagné en appliquant votre plan, même s’il est perdu au final, est une micro-victoire qui reconstruit la confiance.

Voici une séquence de « reset » à appliquer au changement de côté pour sortir de la spirale négative :

  • Redéfinir le succès : Votre nouvel objectif n’est plus de gagner, mais de réussir trois fois de suite votre séquence préférentielle (par exemple, un service slicé extérieur suivi d’un coup droit d’attaque).
  • Fixer un objectif technique simple : « Zéro double faute sur mon prochain jeu de service » ou « Remettre tous les retours dans le court, même sans puissance ».
  • Verbaliser les intentions : À voix haute (ou dans votre tête), formulez deux intentions claires : « Sur le prochain jeu, je joue toutes mes balles de revers hautes et au centre » et « Dès que j’ai une balle en coup droit, j’attaque long de ligne ».
  • Se concentrer sur les rituels : Exécutez méticuleusement votre routine de service, replacez-vous toujours au même endroit entre les points. Ces ancrages physiques stabilisent le mental.
  • Célébrer les petites victoires : Un point bien construit, une défense réussie, un service bien placé. Applaudissez-vous intérieurement. Vous ne jouez plus contre l’adversaire, vous jouez pour l’exécution parfaite de votre plan.

C’est souvent en cessant de se focaliser sur le score que l’on parvient à l’inverser. En appliquant votre jeu sans la pression du résultat, vous jouez plus libéré, vous faites moins de fautes, et vous pouvez enfin commencer à dérégler la machine si bien huilée de votre adversaire.

En définitive, construire une identité de jeu gagnante ne consiste pas à devenir un joueur parfait, mais un spécialiste redoutable. Évaluez dès aujourd’hui votre jeu pour définir l’arme chirurgicale qui construira vos prochaines victoires.

Rédigé par Roche Camille, Ex-joueuse de niveau national (-2/6) et coach tactique spécialisée dans l'intelligence de jeu. Elle aide les compétiteurs à construire des schémas tactiques gagnants et à gérer les moments clés en tournoi.